SOCIETE

Le Mythe de la Start-Up

Depuis les années 1990, une campagne de communication médiatique déferle sur la Start-Up, les grandes entreprises technologiques seraient nées dans le garage de la maison.

Dans le grand spectacle de la startup, le garage, un sous-sol ou une résidence privée, est devenu une métaphore des origines modestes, c’est le petit atelier de l’artisan ou le premier restaurant de la grande chaîne de restauration. De Hewlet-Packard à Amazon, de Apple à Microsoft, de Disney à Mattel, les grandes entreprises technologiques de l’internet business révolutionnant les structures établies naissent toutes dans un garage, mais surtout entre les murs des entreprises déjà en place.

L’image du startupper est un jeune californien rebelle qui arrive à prendre le contrôle de la terre avec une idée de génie depuis son garage. Dans la réalité, on constate que plus de 90 % des start-ups ont des fondateurs avec une expérience professionnelle solide dans le même secteur d’activité. Steeve Jobs et Wozniak travaillaient pour Atari et HP, les fondateurs de Youtube étaient chez PayPal, tout comme Elon Musk de Tesla.

La production d’Apple ne commence pas dans le garage des parents de Steve Jobs, la naissance d’Apple a été enjolivée.

Le garage des parents de Steve Jobs est devenu un incontournable de la culture geek et de la Start-Up Nation, à tel point qu’il a été érigé en site historique avec la maison familiale, située au 2066 Crist Drives à Los Altos. Contrairement à certains écrits, la production d’Apple ne commence pas dans le garage des parents de Steve Jobs, la naissance d’Apple a été enjolivée. Le cofondateur d’Apple, Steve Wozniak, l’admet dans une entrevue accordée à Bloomberg, en 2014. Aucun design ou prototypage n’ont été effectués dans un garage servant d’atelier, c’est de la mythologie.

Google a aussi revisité ses origines à l’occasion de son 15e anniversaire, le garage du 232 Santa Margarita, Menlo Park est un lieu culte de la marque, il a été présenté comme le berceau de l’entreprise. Pourtant, les fondateurs Larry Page et Sergey Brin commencent leur travail sur le moteur de recherche à l’université Stanford, quand le géant du web a emménagé dans ce garage plus d’un an plus tard et seulement pour cinq mois, ils ont déjà un million de dollars en capital-risque dans la poche.

Selon l’auteur Miles Mathis, ces sociétés sont toutes des créations totales des services secrets, une simple façade pour divers projets, la lutte entre Apple et Microsoft était fictive et sous le contrôle du département de la Défense des USA. Le projet de journalisme d’investigation « INSURGE INTELLIGENCE » livre le récit exclusif de la façon dont la communauté US du renseignement a financé, nourri et mis en incubation Google comme élément d’un effort visant à dominer le monde par le contrôle de l’information.

Financé indirectement par la NSA et la CIA, Google n’a été que la première d’une pléthore de start-ups du secteur privé cooptée par le renseignement US pour conserver la « supériorité du renseignement ». Bill Gates a tellement bien réussi sa mission que Microsoft pouvait acheter toute la planète, on l’a vite reconverti dans l’associatif, la fondation Gates est aujourd’hui partenaire de Monsanto et distribuent des OGM. Steeve Jobs déclare dans ses bios qu’il était agent de la CIA, il faisait également remarquer que la technologie était limitée dans sa maison, et Jobs n’est pas une exception dans la Silicon Valley.

Les stock-options sont uniquement un moyen de faire travailler les collaborateurs avec des salaires sacrifiés.

Avec l’éclatement de la bulle technologique de 1995, plusieurs rêvent que quelques startup reproduiront le succès légendaire des sociétés Apple et Microsoft dans les années 1970. Les stock-options jouent un rôle central dans la surenchère jusqu’au scandale Enron, les dirigeants du courtier en énergie manipulaient les comptes à grande échelle pour vendre leurs actions au prix fort alors que l’entreprise était un château de cartes.

Dans bien des cas, les stock-options sont uniquement un moyen de faire travailler les collaborateurs avec des salaires sacrifiés en les motivant avec l’espoir qu’ils feront fortune le jour de l’introduction en bourse ou de la vente de la société à une entreprise plus importante. On invite aussi les collaborateurs à s’enregistrer comme travailleur indépendant afin de ne pas payer les charges, près de 162 millions de travailleurs aux Etats-Unis et en Europe ont aujourd’hui un statut d’indépendant, soit 20 à 30% de la population active.

Quand la bulle technologique explose en 2000, tous les profits réalisés depuis 1995 par les 4 300 sociétés du NASDAQ sont volatilisés par les pertes gigantesques de 2000-2001 (148 G USD). La Start-Up Nation est morte, les gouvernements décident de sauver quelques entreprises avec des restructurations massives et l’aide des banques, notamment dans le secteur des télécoms car il y a des intérêts stratégiques.

Durant cette période, on va aussi surévaluer artificiellement le chiffre d’affaires ou les bénéfices, ce qui amènera par la suite d’autres restructurations et des banqueroutes que l’on déguisera en fusions et acquisitions. Les survivants n’ont pour la plupart pas retrouvé leur niveau de capitalisation atteint pendant les années 2000. Les plans de sauvetage des banques après le quasi effondrement du système financier mondial lors de la crise de 2008 a coûté des milliards d’euros.

La part des startups affichant un excédent brut d’exploitation en perte est de 74% et près de 90% de startups échouent.

Une société récente et pas rentable peut valoir des milliards de dollars avec la financiarisation excessive de l’économie alors qu’en réalité son « business model » ne fonctionne pas, c’est du vent. Les modèles peinent à être rentables, la part des startups affichant un excédent brut d’exploitation en perte est de 74% et près de 90% de startups échouent. Selon plusieurs économistes, on maintient volontairement un système en place alors qu’il a déjà fait faillite depuis longtemps et plusieurs fois.

Les géants de l’internet réalisent des investissements massifs malgré des faibles bénéfices, dans l’espoir d’être rentable un jour. Cela explique les montages financiers pour la nouvelle économie, techniquement ils ne peuvent pas payer des impôts sur leurs bénéfices, ils n’en ont pas les moyens et la dette est trop importante. D’autres sont carrément exonérées d’impôts, une véritable concurrence déloyale.

Si on considère que 20% des entreprises constituées en SAS en France sont des startups, alors on estime leur nombre à 10 000 ces 5 dernières années. A l’échelle mondiale, il y a environ 150 entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars, les fameuses « Licornes ».

Selon une étude réalisée par deux chercheurs des universités de Stanford et de Colombie-Britannique, la moitié des jeunes pousses supposées être valorisées au minimum à un milliard de dollars seraient en réalité sur cotées, faisant craindre l’explosion d’une bulle financière.

Illustrations © Mathieu Thouvenin Jordiipa

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