SCULPTURE

Pois – Yayoi Kusama

La japonaise Yayoi Kusama est une des plus grandes artistes contemporaines. En 1957, elle entame séjour aux États-Unis, puis s’installe à New York en 1958 où elle fréquente Donald Judd et Franck Stella.

Le travail de Kusama (se prononce K’sama), est obsessionnel et fondé sur la répétition et la multiplication de signes. A New-York, elle rejoint l’avant-garde new-yorkaise et apparaît comme l’un des précurseurs du pop’art et de l’art environnemental. A la fin des années 60, elle intègre le groupe Zero de Piero Manzoni et d’Yves Klein et expose dans les musées et galeries européennes.

Enfant, Kusama avait eu la vision hallucinatoire d’un motif en forme de pois décorant une nappe familiale se répéter dans la pièce. Dès lors, son univers en sera peuplé et ses installations habitées d’une multitude de pois colorés mais aussi de miroirs ou de formes phalliques répétées à l’infini. En 1960 Kusama lance son Manifeste de l’oblitération : « Ma vie est un pois perdu parmi des millions d’autres pois… ». Elle invente à chaque fois une manière d’agencer ces points dans l’espace, variant les couleurs, les tailles, les atmosphères, les matériaux, les éclairages.

En 1973 elle revient à Tokyo. Elle intégre, outre ses pois rouges, des formes reptilo-phalliques dans ses productions. Elle a acquis la célébrité par des installations avec miroirs, ballons rouges, jouets, au milieu desquels elle se mettait en scène. De santé mentale fragile, elle vit volontairement dans un établissement de soins psychiatriques de Tokyo depuis 1977, cet établissement est réputé pour ses pratiques encourageant l’expression artistique comme thérapie. Elle participe à la quête d’une autonomie à la fois physique, sexuelle et intellectuelle, associant féminisme et performance. Surtout connue pour ses sculptures et peintures, Kusama a aussi abordé la mode, la réalisation de films et a également publié des romans.

Kusama a reçu de nombreuses distinctions au Japon et à l’étranger et elle n’a rien perdu de sa verve comme en témoignent ses plus récentes oeuvres exposées au Tate Modern de Londres et au Whitney Museum de New York ainsi que sa collaboration avec Louis Vuitton en 2012. Pour l’occasion, les boutiques de Louis Vuitton à New York et à Paris se sont parées de pois et de statuettes colorées à l’effigie de Kusama.

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